Auberge côté soleil
Purple Cat

primitive electric blues WWW.PURPLECAT.FR  

Biographie 

   

 

Purple CatAntibes 1974, sur le devant de la scène, un tabouret vide et une Telecaster rouge, posée contre un ampli. Un orchestre d'inconnus cingle le public avec " Chicken shack ", le morceau d'introduction aux concerts de Muddy Waters.

      René Perrier, qui en a vu d'autre, n'a jamais rien entendu de pareil. Qui sont ces inconnus qui vous envoient à la rue n'importe quel power band du moment? Muddy Waters arrive sur scène, vous l'avez devant vous, et oui à cette époque là, pas de barrière de sécurité, une légende vous envoyait son truc à moins d'une coudée. A la gauche du Maître, il y avait ce jeune blanc qui soufflait ce son énorme de ce tout petit instrument. Le blues est toujours une rencontre. A un carrefour, virtuel ou symbolique. Tout le monde n'est pas Robert Johnson ou Skip James, peu importe, un beau jour vous l'apercevez, et puis vous lui courrez après toute votre vie.

      Il est tombé sur René Perrier, par Jimmy Reed interposé, première rencontre avec un harmonica, avec la pulsion rythmique d'Eddie Taylor : rude première fois ! Ecouter du blues, à cette époque, c'était genre traquer "Walkin' in a cool mine" sur Radio Caroline, à quatre heures du matin, l'oreille collée à un transistor de zéro virgule cinq watt, fading included, ces deux ou trois semaines là, où Lee Dorsey avait la cote en Angleterre. Retour à Antibes : lorsqu'il est sorti de la catharsis dans laquelle le Vieux vous plongeait à chaque fois qu'il s'asseyait sur son tabouret et qu'il vous expédiait cette apocalypse de velours à travers le cerveau, il s'est aperçu qu'on pouvait parler à ces gens. Et qu'on pouvait aller boire un verre avec eux, le soir à leur hôtel, et discuter de choses et d'autre ! C'est comme ça qu'est née son amitié avec Muddy. L'harmoniciste à la gauche du père, c'était Jerry Portnoy et René n'avait jamais entendu quelqu'un vous souffler comme ça. Rencontre avec l'harmonica, en face à face, par la même occasion. Alors au fil des années, Jerry deviendra son mentor, jusqu'à ce jour
.
     Au même moment, Charlie Malnuit, batteur de hard rock, progressive rock, et tout ce que vous voudrez, rencontrait le légendaire Willie Eckert qui cherchait un batteur pour ses Nighthawks, le plus décoiffant des orchestres de blues de France, moi je vous le dis et je suis pas le seul.
      Et c'était parti pour dix ans de route, de découverte de cette petite musique si facile et qui demande tant pour que, tout à coup, le public, là devant, sente la pesanteur s'envoler, le cœur se serrer et toute cette énergie primale lui remonter furieusement jusqu'à la gorge.
      Qui se mit à monter régulièrement sur scène, avec les Nighthawks tout au long de cette décennie? René Perrier, bien sûr, qui avait formé les Flying Saucers avec Jean Louis Azard. Jean Louis, c'est le musicien jazzy, par excellence : oreille précise, technique léchée, amoureux des partitions bien complexes. Le blues, bon, c'est vrai que ça vous prend là où ça vous fait pleurer, mais tout de même, juste ces justes trois accords... sauf que, sur la scène avec sa stratocaster blanche, il a branché tout ça et il a découvert la magie, the magic. "Vous l'avez ou vous l'avez pas" disaient les musiciens de Muddy, ou d'autre avec qui René avait joué, Junior Wells & Buddy Guy, Eddie " The Chief " Clearwater, Mojo Buford, Mickey Baker, Melvin Taylor, Pinetop Perkins…
      Le virus de la scène, pour tout dire, René Perrier l'avait attrapé au long d'une tournée avec le Legendary Blues Band, le Muddy Waters Blues Band, en fait, reformé après la mort du patriarche. Il les avait suivis, et les Autres l'invitaient à jouer tous les soirs, Columbus, Indianapolis, get your kicks… Si vous attrapez pas le virus aprés ça!
      Alors, René a décidé de monter ce concept un peu bizarre : chant, harmonica, guitare, batterie, qui a existé un temps à Chicago, alors que le blues électrique était né, mais pas la guitare basse! Et allez donc fourrer une contrebasse dans le coffre d'une improbable De Soto noire !
      Les partenaires, c'était tout trouvé : c'est comme ça que Charlie et Jean Louis, qui ne s'étaient jamais rencontrés, se sont reunis en studio, pour enregistrer BLUE PETUNIA. Si c'est pas une rencontre!

Lou Lombardini
 Translation